giovedì, Gennaio 8, 2026
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Migrations: l’Italie et la Tunisie misent sur les voies légales et le développement pour r…

AGI – Les relations entre l’Italie et la Tunisie en matière migratoire sont entrées, au début de 2026, dans une phase nettement plus opérationnelle. Longtemps centrée sur le contrôle des départs maritimes, la coopération entre Rome et Tunis s’oriente désormais vers une approche plus large, combinant gestion des flux, ouverture de canaux légaux d’entrée et soutien au développement économique local. Une évolution qui s’inscrit à la fois dans les besoins du marché du travail italien, dans les priorités tunisiennes et dans le cadre plus ambitieux du Plan Mattei pour l’Afrique.

À partir de janvier 2026, un nouveau mémorandum triennal entre l’Italie et la Tunisie entre en vigueur. Il prévoit l’admission légale de 4.000 travailleurs tunisiens non saisonniers par an en Italie. L’objectif est double : répondre à la pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs clés de l’économie italienne et offrir une alternative concrète aux traversées irrégulières de la Méditerranée. L’accord introduit des procédures simplifiées pour l’obtention des visas et des titres de séjour, avec la possibilité de prolonger la présence en Italie au-delà du premier contrat en cas de nouvelles opportunités professionnelles.

 

 

Cette dynamique bilatérale s’inscrit dans un cadre régional plus large. Fin décembre 2025, une réunion tenue à Alger a réuni l’Italie, l’Algérie, la Tunisie et la Libye afin de coordonner les politiques migratoires à l’approche de l’entrée en vigueur, en 2026, des nouvelles règles européennes sur la gestion des migrations et l’asile. Les participants se sont accordés sur le principe de la création d’un mécanisme commun dédié aux retours volontaires des migrants en situation irrégulière. Un comité de coordination doit être mis en place pour définir les modalités pratiques, l’identification des bénéficiaires et l’organisation logistique des rapatriements, avec un accompagnement à la réintégration conforme aux normes internationales.

Les données récentes illustrent les effets de cette coopération renforcée. En 2025, 66.296 migrants ont débarqué par voie maritime sur les côtes italiennes, un chiffre globalement stable par rapport à 2024, mais en forte baisse par rapport au pic de 2023. La Libye demeure la principale zone de départ, tandis que la route tunisienne a connu un recul spectaculaire : 4.841 arrivées en 2025, soit une baisse de plus de 75% en un an. Parallèlement, la Tunisie a intensifié les programmes de retours volontaires vers les pays d’origine, avec des vols hebdomadaires depuis Sfax et Tunis, en coopération avec l’Organisation internationale pour les migrations ou financés par l’État tunisien.

 

 

Rome entend compléter cette approche par une ouverture accrue des canaux légaux. Pour 2026, l’Italie a confirmé une importante quota d’entrées saisonnières, notamment dans l’agriculture et le tourisme, avec un premier “click day” prévu le 12 janvier. Sur les quelque 88.000 travailleurs saisonniers attendus, la Tunisie figure parmi les pays partenaires prioritaires. Cette coopération migratoire est étroitement liée aux investissements structurels prévus dans le cadre du Plan Mattei. La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, et le président tunisien, Kais Saied, ont multiplié les échanges afin de relier la gestion des flux migratoires au développement local. Les financements italiens concernent des secteurs stratégiques tels que l’éducation, l’agriculture et l’énergie, notamment le projet Elmed, un câble électrique sous-marin reliant la Sicile à la péninsule du Cap Bon. En parallèle, le soutien technique à la garde côtière tunisienne se poursuit.

Cette stratégie n’est toutefois pas exempte de critiques. Des organisations comme Amnesty International et Avocats Sans Frontières dénoncent des expulsions collectives vers les zones frontalières avec la Libye et l’Algérie, ainsi que des mauvais traitements infligés à des migrants subsahariens. La libération récente de travailleurs humanitaires en Tunisie, après 20 mois de détention, a ravivé les inquiétudes sur la situation des ONG. Autant de tensions qui rappellent que la refonte de la coopération migratoire euro-méditerranéenne reste un exercice fragile, à l’équilibre délicat entre contrôle, partenariats et respect des droits fondamentaux.

 

 

 

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